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N 63En 2015 dans Vestiaires 63, Emmanuel VANDENBULKE, alors CTR de la ligue du Centre, répondait à François VILLEBRUN sur le phénomène de grappe. La connaissance du public apporte des explications sur ce phénomène !

63Les ressources dont dispose l’enfant de 7-8 ans font qu’il prend l’information uniquement sur le ballon et pas, sur l’environnement. En effet, selon Emmanuel Vandenbulcke : "L’enfant est, à cet âge, au stade émotionnel, c ’ est-à-dire que l’émotion prime sur la réflexion". Et c’est cette émotion qui l’amène à se rapprocher de la boule de cuir pour la prendre, la toucher, s'amuser ! D’autre part, les contraintes de jeu sont trop importantes. Et pour cause : "les ressources cognitives, c’est-à-dire cette capacité à prélever toutes les informations inhérentes au jeu (ballon, cible, partenaires, adversaires) sont trop nombreuses de sorte que le jeune joueur se retrouve en surcharge". Ainsi, l’enfant ne peut pas régler tous les problèmes qui se présentent à lui. On comprend ainsi pourquoi il choisit ainsi la réponse la plus simple. Et Emmanuel Vandenbulcke de poursuivre : "Sa réponse correspond à une action spontanée, non cognitive, dans le sens traitement de l’information". On le voit dans les faits : le jeune joueur se dirige irrémédiablement vers le ballon. Il ne peut pas en être autrement finalement !"L’égocentrisme, normal dans les plus petites catégories, est, me semble-t-il, à relier à la notion de partenaire. Il existe peu de communication entre enfants de cet âge, peu de coopération, et ainsi, dans la pratique, peu ou pas de passes". Dernier point, qui explique le phénomène de grappe, "la psychomotricité (préalable à la technique) en cours de construction, qui accapare encore beaucoup le jeune joueur et reste un frein à sa progression dans l'espace". On l’aura compris, pour toutes ces raisons, le phénomène de grappe est tout à fait normal ! Il est un passage obligé et logique dans la construction du jeune footballeur. Par conséquent, il apparaît bien inutile de lutter contre, mais plutôt de faire avec. 

2018.S5.1 VANDENBULKE 2Pour le cadre technique, compte tenu de la spontanéité et de l’engagement des enfants, il semble intéressant "de travailler à partir de jeux. Ces jeux de référence (éperviers, déménageurs, …) que l’on retrouve dans les cours d’école sont ceux qui permettent de construire les jeux collectifs. Ils mettent en avant la construction de la cible (sens du jeu), du partenaire (coopération) et de l’adversaire (opposition). Le rôle de l’éducateur sera d’aménager l’espace et le nombre de joueurs afin que le traitement de l’information soit moins complexe. À la DTN, nous préconisons également de travailler en sous-effectif afin de limiter l’incertitude due à un trop grand nombre de partenaires et d’adversaires". Il est paradoxal de constater que plus les joueurs sont constitués en grappe ou en "essaim", plus l’espace de jeu effectif se trouve réduit à l’extrême, et plus il sera difficile de jouer. In fine, tout est résumé dans cette affirmation de Yohann Cruyff : "Contrairement à ce qui se passe dans la vie de tous les jours, en football, pour aider son coéquipier, il faut s’écarter de lui et non pas s'en approcher". Pour lui laisser l’espace de jouer !

76 couvEnfin, en 2017, dans Vestiaires 76, nous vous proposions un article sur la construction du jeu collectif chez les U6-U7 en 4 étapes qui prennent en compte les particularités de ce public.

76La construction du jeu collectif chez le jeune footballeur de 6-7 ans s’effectue en 4 étapes consécutives, qui respectent la construction de l’espace chez l’enfant ainsi que son développement psychosocial. Selon l’étape dans laquelle il se trouve, des situations d’apprentissage spécifiques seront proposées. Tout d’abord, il s’agira - bien que cela nous apparaisse comme une évidence - de construire le sens du jeu, c’est-à-dire la direction où le joueur doit amener le ballon. En observant des U6-U7, on peut facilement se rendre compte que c'est loin d'être une sinécure ! Concernant les apprentissages, on peut en déduire que les jeux de conservation sans sens de jeu ne sont ici pas recommandés. Voilà pour la première étape.

La deuxième concerne la notion de cible à atteindre (but, porte, zone où amener le ballon…), l’essentiel étant que cette cible soit située au bout du sens du jeu. Ces deux premières étapes de construction du jeu collectif chez l’enfant de 6-7 ans sont fondamentales et liées à leur besoin d’organiser et de structurer l’espace qui les entoure.

2018.S5.1 ARTICLE 2La construction du partenaire constitue la 3ème étape. Elle n’est pas la plus simple ! En effet, à cet âge, le jeune footballeur, véritablement obnubilé par le ballon, entretient un rapport "égocentrique" avec ce dernier. Il a du mal à concevoir que jouer avec le ballon, c'est le donner… D'où le fameux phénomène de grappe où chacun se rapproche de la boule de cuir, motivé par l'envie de se l'approprier. Un phénomène tout à fait normal dans les plus petites catégories. Et si davantage on parvient à "attraper" le ballon, pas question de le lâcher ! La perception visuelle limitée, liée à une absence de vision périphérique, accentue cette démarche individualiste. Pour autant, l'évolution naturelle de l'enfant, son développement psychosocial (n’oublions pas qu’il est dans sa 3 ou 4ème année d’école à ce moment-là), sa compréhension de l’intérêt de faire (parfois) des passes pour aller marquer, font que, petit à petit, la notion de partenaire va se construire, par nécessité.

Enfin, 4ème étape : la construction de l’adversaire. Celui qui va poser les problèmes dans le jeu, car il veut faire la même chose… mais dans le but opposé. C’est ainsi que parfois apparaîtront des pleurs, par exemple, signes de frustration, mais également d’incompréhension de la part du jeune joueur, qu'un "copain" empêche de jouer ! Des réactions que l'on pourra considérer, là encore, comme inadaptées, mais qui demeurent en réalité somme toute normales et, dans tous les cas, en lien avec les différentes étapes de la construction du jeu collectif chez le jeune joueur. 

2018.S5.1 VANDENBULKE 1

Il ressort donc que le travail tactique peut être entamé dès le plus jeune âge. Nous vous présenterons dans les trois prochains jours une situation d’apprentissage par étape :

-       Construction de la cible et donc, du sens de jeu
-       Construction de l’adversaire
-       Construction du partenaire

Comme vous pourrez le remarquer, nous avons fusionné la construction de la cible et celle du sens de jeu qui paraissent indissociables. Aussi, nous avons inversé la construction du partenaire et celle de l’adversaire car nous partons du principe que la coopération est une solution qui permet de régler un problème d’opposition, vécu en amont…

0 Signature articlesAuteur : Pierre SAGE
L’expert Blog Vestiaires, la semaine du coach
Twitter : @Pierre__Sage

 

 

 

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