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Le schéma 5 ci-contre fait état d’une action de jeu au cours de laquelle une équipe en possession du ballon fixe d’un côté avant que l’arrière latéral (ou un défenseur axial gauche dans une défense à 3 par exemple) renverse le jeu de l’autre côté. Un classique du genre. Cependant cette action nous permettra de faire valoir quelques considérations tactiques et pédagogiques.

1ère réflexion : Afin de ne pas alourdir le schéma, la phase de fixation illustrée est réduite à son minimum (appui et remise ou déviation pour un 3ème en soutien). Il va sans dire que l’équipe en possession du ballon aura d’autant plus de chances de fixer les défenseurs qu’elle sera capable de multiplier le nombre de passes dans un couloir (ou couloir et half-space) au préalable avant de renverser de l’autre côté. Ce qui sous tend l’idée selon laquelle l’équipe offensive doit avoir les capacités techniques pour assurer la conservation collective du ballon dans un espace qui se réduira au fur et à mesure que les passes de fixation se multiplieront. Chaque défenseur coulissant côté ballon ne manquant pas en effet d’augmenter la densité défensive. À ce titre, vraisemblablement est-ce que la première question qu’un coach peut se poser à partir du moment où il entend généraliser ces modalités d’action doit s’atteler à évaluer justement le niveau de maitrise technique du groupe et le potentiel d’évolution de son collectif, pour les rapporter au projet de jeu qu’il entend lui faire appliquer.  

Mais glissons vers notre deuxième remarque. Ici, sur le schéma 5, trois possibilités sont envisagées à partir de la même situation de base.

La passe rouge répond bien à l’objectif du « renversement du jeu ». Pour autant, il ne s’agit pas d’une passe occasionnant un déséquilibre pour l’adversaire. En effet, à l’exception de l’avant-centre adverse, tous les joueurs bleus sont positionnés entre le ballon et leur but  et aucun d’entre eux ne se retrouve à courir face à sa propre cage. Bénéfice contestable donc. Toutefois, comme toujours en football, il convient de jauger l’action au regard du temps et de l’espace disponible pour le receveur du ballon. En effet, dans cette situation de renversement de jeu d’un latéral à l’autre, deux cas de figure s’avèrent envisageables. Dans le premier, le receveur a un adversaire très proche de lui lorsque le ballon lui parvient.

Auquel cas, la plupart du temps, celui-ci sécurisera l’action en effectuant une passe sur un partenaire vers l’arrière pour repartir sur une nouvelle phase de conservation basse. On peut dès lors se poser la question : est-ce que le bénéfice que l’équipe en retire valait la prise de risques ? Sans surprise, la réponse dépend pour la majeure partie de la qualité technique des joueurs et notamment celle de leurs passes longues (et celle des terrains sur lesquels l’équipe est appelée à évoluer…)

Toutefois si la phase de fixation a été bien exécutée, il demeure la possibilité que l’on parvienne à trouver le latéral libre de tout marquage.

Auquel cas, le rapport numérique reste le même mais notre joueur pourra alors attaquer l’espace devant lui, prendre de la vitesse et, en fonction des appels des partenaires, créer de l’incertitude pour l’adversaire (fixer, « 1-2 », « 1-2-3 », dédoublements etc…)

Une perspective réjouissante à condition que la passe transversale (ou de renversement) soit parfaitement effectuée sous peine que celle-ci soit interceptée et que l’équipe se trouve soudainement en très grand danger.

La passe bleue (schéma 5)   est bien évidemment plus intéressante dans la mesure où elle élimine 4 à 5 joueurs. À savoir les attaquants et une grande partie de la ligne des milieux de terrain adverse. Ou, à défaut d’éliminer définitivement celle-ci puisque certains milieux de terrain pourront dans certains cas se replacer entre le ballon et leur but à la faveur d’un effort important, la passe bleue va entraîner un déséquilibre partiel du bloc adverse. En effet, un nombre conséquent de défenseurs se retrouveront désormais à devoir défendre face à leur cage. Sans pour autant être décisive, cette passe a donc toutes les chances de déboucher sur une situation offensive majeure. Là encore, la notion d’espace et de temps disponibles pour le receveur du ballon conditionneront la possibilité de poursuivre l’action victorieusement. Ou pour le moins de finaliser l’action par un tir ou un centre. Tout au plus faut-il rappeler que dans cette situation précise où l’on renverse le jeu d’un côté à l’autre, il s’agit alors d’une passe de plus de 50 mètres. Effectuée trop mollement ou selon une trajectoire trop parabolique (le fameux ballon qui retombe « plein de neige ») le défenseur a le temps de se replacer, voire d’intercepter. Bref, si celle cette passe est théoriquement très séduisante, il convient d’admette qu’elle n’est pour autant pas donnée à tout le monde….

La passe jaune (schéma 5) occasionne le déséquilibre total du bloc défensif. Tous les joueurs de l’équipe adverse (à  l’exception du gardien) se retrouvent alors à courir face à leur cage.  Si on ne peut pas prétendre qu’elle débouchera obligatoirement sur un but on peut du moins affirmer qu’il s’agit là de la situation la plus compliquée à gérer pour tous les défenseurs. Comme pour la passe précédente, il convient de mettre en avant l’extrême difficulté pour réussir cette passe (très) longue. S’il arrive en effet qu’un défenseur central parvienne de temps à autre à déséquilibrer la totalité de l’équipe adverse en une seule passe (thème « fixer dans une zone pour jouer dans une autre »), cette possibilité de diagonale quasi décisive se réduit au fur et à mesure que l’on se rapproche de la ligne de touche. D’où la question légitime de savoir combien de fois au cours d’une saison cette passe débouchera sur un but au regard du nombre de fois où celle-ci sera interceptée et rendue à l’adversaire.

En résumé, avant de planifier une période consacrée au sujet, certainement est-ce que chaque coach a intérêt à se poser quelques questions toutes simples : Fixer oui, mais combien de temps ? Dans quel but ? Renverser ou déséquilibrer ? Avec quels risques au regard de quels bénéfices ? À quel moment le joueur à l’opposé va t-il déclencher l’appel ? Sur quels starters ? Et comment enchainer l’action pour avoir le plus de chances de la conclure victorieusement ? Bref, d’effectuer un boulot d’entraîneur et/ou d’éducateur soucieux de tirer le meilleur profit du thème en l’adaptant d’abord et avant tout aux possibilités du groupe et au projet de jeu qu’il cherche à mettre en place.

PS : Dans tous les cas de figure, ce thème doit être abordé chez les jeunes dans la mesure où il doit faire partie intégrante de la construction technique et tactique de ceux-là.

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